Amitié, solitude, mauvaises relations: comment s’en sortir?

“Nos amitiés forment un cercle protecteur qui nous aide à surmonter les adversités en prolongeant ainsi notre vie”.

L’amitié est un besoin de premier ordre, après l’eau, les aliments et la chaleur contre le froid

image-solitude-amitié-relationsOn peut survivre sans vivre en couple ou sans famille, mais selon les circonstances, nous aurons toujours besoin de la présence amicale de ceux qui vont nous accompagner dans les bons et les mauvais moments de notre vie.

Au siècle dernier, Charles Chaplin avait fait part de ses réflexions sur l’amitié. Je t’invite aujourd’hui à les lire (ou les relire):

«J’ai besoin de quelqu’un qui me regardera dans les yeux quand je parlerai. Qui écoutera mes tristesses et mes silences avec patience et, même s’il ne les comprendra pas toujours, j’ai besoin de quelqu’un qui respectera mes sentiments. J’ai besoin de quelqu’un qui viendra lutter à mes côtés sans l’avoir appelé. Quelqu’un de suffisamment ami pour me dire les vérités que je ne veux pas entendre, même si cela peut me déplaire. C’est pour cela que j’ai besoin de quelqu’un qui, lui, dans ce monde où règne l’indifférence, croira à ce mystère, délaissé et presque impossible: l’amitié! Quelqu’un qui puisse s’obstiner dans la loyauté, la simplicité et l’équitable. Qui ne partira pas, même si un jour je perdais mes richesses ainsi que les airs des grands jours de fête. J’ai besoin d’un ami qui puisse recevoir avec gratitude mon secours, ma main tendue, même si cela peut sembler peu de chose devant ses besoins. Je n’ai pas pu choisir ceux qui m’ont mis au monde, mais je peux choisir un ami. Mon âme persévère dans cette recherche, parce que la véritable amitié rend la vie plus simple, plus enrichissante et plus belle.»

image-depression-solitude-amitiéLa solitude réduit l’espérance de vie

Victor Hugo disait que l’enfer se trouve dans le mot solitude. Peut-être pas l’enfer, mais il est reconnu que la tristesse d’un monde trop solitaire peut porter préjudice à notre santé.

Plusieurs études sur des personnes solitaires ont démontré qu’elles sont plus exposées aux virus, qu’elles produisent plus de protéines facilitant l’inflammation, comme réponse au stress intense. Les protéines en question provoquent des inflammations qui engendrent de nombreuses maladies, certaines d’entre elles en étroite relation avec la vieillesse prématurée, l’ Alzheimer, l’arthrite, la fragilité ou la diminution de la fonctionnalité.

On ne peut rien faire dans la solitude, disait Picasso, en oubliant de spécifier que, malheureusement, on peut tomber malade.

L’amitié nous fortifie sur le plan physique et psychologique, mais son existence fortifie également les valeurs essentielles de notre personnalité. Parmi celles-ci:

  • La communication: c’est notre outil pour établir des relations avec les autres. Elle nous permet d’établir des liens étroits avec ceux que nous aimons et d’échanger nos points de vue socialement.
  • La loyauté: pouvoir compter sur quelqu’un, ou bien que cette personne puisse compter sur nous, est rassurant, surtout dans les moments d’adversité.
  • La rationalité: les amis nous aident à relativiser nos problèmes. Ils sont plus objectifs que nous pour trouver les bonnes solutions.
  • La tolérance: s’adapter à des mondes divers sans juger permet d’élargir notre cercle d’amis, en élargissant également la pluralité des perspectives dans la vie.
  • La générosité: donner et recevoir sans rien attendre en retour, par simple plaisir. C’est pour cette raison que le geste d’offrir quelque chose qui nous est précieux à un ami (notre temps par exemple), est source de joie immense.
  • La gratitude: en étroite relation avec la générosité, notre gratitude doit se manifester de temps en temps vis à vis des autres pour assurer entre nous de bonnes relations perdurables.
Dieu dit  “Il n’est pas bon que l’homme soit seul, je lui ferai une aide”.   Selon la Bible

Pour les croyants et d’après la Bible, Dieu vit qu’il n’était pas bon pour l’homme d’être seul. Ce qui est certain, c’est que nous avons tous été créés pour établir entre nous des relations interpersonnelles. Nous passons 70 pour cent de notre temps en connexion avec les autres.

Passer une grande partie de notre temps à communiquer avec les autres est quelque chose d’inévitable tout au long de notre vie. La qualité de notre vie va dépendre de notre capacité de communiquer, de transmettre nos messages aux autres, indépendamment des messages que nous voulons transmettre et de l’entourage auquel nous nous adressons.

Oui la qualité de notre vie dépend de la qualité de nos relations !

Cher lecteur, pense maintenant au temps que tu a passé à parler avec ton couple, tes amis, ou tes enfants. Pense à la qualité de ces relations. Ont-elles été vraiment satisfaisantes, fluides, ou bien plutôt problématiques et difficiles ?

As-tu atteint tes objectifs ou bien as-tu établi une communication sans prendre vraiment conscience des raisons pour lesquelles tu étais en train de communiquer ? Cela t’a fait du bien ou as-tu ressenti à un certain moment une sensation de malaise ?

image-question-amitiéPendant que tu lis ces réflexions, j’aimerais que tu analyses ta vie et tes relations. Te sens-tu seul en ce moment? Te projettes-tu dans quelques années dans la solitude de la maturité, ou bien dans une vie de partage avec quelqu’un que tu connais et que tu aimes ? Penses-tu que ta vie professionnelle ou personnelle n’a pas été valorisée, que tu vis dans l’incompréhension, tout en étant heureux ? Crois-tu vraiment que tes relations sont satisfaisantes, que tu obtiens ce que tu désires, et qu’elles contribuent à créer un entourage de plénitude pour toi ?

Oui, je voudrais que tu penses, que tu réfléchisses : aimes-tu ta vie, ou est-elle lourde à porter ? Ce que je te demande surtout, c’est d’être honnête avec toi-même, avant d’émettre ta réponse.

Nous connaissons tous des personnes exceptionnelles, des personnes qui sont de bons parents, d’excellents voisins, des amis irréprochables, des personnes que nous aimons retrouver tout simplement parce que nous nous sentons bien en leur présence, quand elles nous sourient, quand elles nous parlent sur un ton de voix chaleureux, en nous invitant à partager la sérénité avec leur façon de communiquer. Et si je te disais que toi aussi, tu peux devenir très facilement l’une de ces personnes-là ?

Dans la vie, nous avons tous établi de bonnes relations avec les autres, mais elles ont été certainement difficiles à certaines occasions, Nous nous sommes sentis aimés, réconfortés, compris, entourés et épaulés, mais d’autres fois, nous nous sommes sentis seuls, écartés, comme si personne ne nous écoutait. Le moment est arrivé de faire une rétrospective de notre vie et de réfléchir sur la qualité de nos relations, d’observer le présent pour savoir réellement si nous sommes heureux ou pas, en prenant conscience que le résultat de notre vie n’est, ni plus ni moins, que le résultat de notre communication, le résultat de notre façon personnelle de communiquer.

Pense à ceci, nous disposons tous de cinq sens, on est d’accord? Je t’entends me dire: « En voilà une découverte, je le savais déjà ! « 

Maintenant, sais-tu que nous ne les utilisons pas tous dans la vie, que nous perdons le contact avec certains sens pour développer ceux qui nous semblent essentiels en accord avec la vie que nous menons? Laisse-moi t’expliquer ce phénomène: pense à certaines personnes qui s’approchent très près de toi quand elles s’adressent à toi, qui ne peuvent pas s’empêcher de te toucher à un certain moment de la conversation sans en être conscientes ! Il est évident que cela peut être plaisant ou plutôt gênant selon les circonstances. Si nous prêtons attention à ce que ces personnes nous disent, nous observerons qu’il s’agit de personnes spécialement affectives, qui nous parlent de leurs émotions, de leurs sentiments avec une émotivité particulière. Nous pouvons les qualifier de “Kinesthésiques”. Elles te parleront de la journée en termes de température. Par contre, celles qui généralement  portent des lunettes, qui parlent rapidement et te décrivent le monde avec les yeux, celles qui pensent et parlent en images, elles te parleront de la journée en termes de luminosité.

Maintenant, imagine une personne “visuelle” en train de décrire son univers à quelqu’un de “kinesthésique” ou vice versa. S’agissant d’un couple, cela tournerait vite en discussion parce que la personne “kinesthésique” aurait du mal à saisir les propos de la personne “visuelle qui lui semblerait plutôt fatigante.

image-amitié-kinesthesique Il existe aussi la personne “auditive” qui se réveille, émerveillée par  le chant des oiseaux, et qui va te parler de la musicalité de sa journée. La personne “auditive” se sent aimée quand elle entend des mots d’amour comme « Je t’aime » : elle peut même sentir une certaine addiction au téléphone, tout simplement sous l’excitation de la tonalité de la voix. Un simple « Je t’aime » prononcé, et la personne se sent aimée. Imagine le résultat émotionnel pour la personne auditive en présence d’une personne “kinesthésique” qui la caresserait sans prononcer les mots magiques, alors qu’un seul « Je t’aime » suffirait pour que la relation puisse marcher !

Tu comprends maintenant ? Imagine quelqu’un détestant les odeurs, comme par exemple, la transpiration corporelle, nous serions en présence d’une personne “olfactive”, qui nous parlerait de l’arôme de la nouvelle journée en se réveillant. L’arôme du café évoquerait pour la personne olfactive, des souvenirs, et l’odeur de la terre mouillée après la pluie la remplirait d’émotion.

Compliqué, tu ne trouves pas ? Et pourtant, c’est ainsi. Nous discutons sur une odeur qui nous est désagréable, sur le ton de certains mots, nous évitons souvent toute forme de contact corporel pour éviter de gêner l’autre. Nous avons besoin qu’on nous dise « Je t’aime », alors que ceux qui nous entourent nous démontrent tous les jours leur amour pour nous.

Cher lecteur, observe la vie : combien de problèmes entre amis, avec nos supérieurs et nos collègues de travail, combien de couples qui ne se parlent plus, combien d’enfants qui se sentent incompris, combien d’accords économiques qui tombent à l’eau à cause d’une perception du monde différemment ressentie par les uns et par les autres ! Alors, tu me diras que nous formons pourtant tous un tout. N’oublie pas : parmi les cinq sens dont nous disposons, il y en a toujours un que nous utilisons davantage pour nous exprimer. Développe ton intelligence, ton sens de l’écoute, apprends à connaître tes interlocuteurs: c’est ainsi que tu réveilleras tes sens !

Si tu reçois une étreinte, fais-le aussi. Quand on te sourit, sourie à ton tour. Si tu connais quelqu’un d’“olfactif”, offre-lui un bon parfum, à la personne “visuelle”, un bon livre, En présence d’une personne “kinesthésique”, une étreinte. C’est tout. Écoute davantage, et parle le même langage : je te garantis que ta vie et tes relations vont se transformer drastiquement. Analyse le langage de chacun, et utilise-le à ton tour pour mieux le comprendre. Je te garantis que tu auras du succès, et que cela contribuera à créer autour de toi un monde meilleur, un monde que nous partagerons tous dans la compréhension.

Maintenant, comme je viens de le dire, il n’est pas bon de vivre dans la solitude, la qualité de notre vie dépend de la qualité de nos relations

amitié-image-faux-amis… Mais  “Avec certains amis, on n’a pas besoin d’ennemis”

D’après le livre « Toutes ces amitiés dangereuses » de Francisco Gavilán, il existe huit types d’amis dont nous devons nous protéger:

• Toujours occupé: c’est l’ami qui ne répond pas aux appels ni aux courriers, seulement de temps à autre. Il affirme ne disposer que de très peu de temps et de vivre une vie sociale stressée, toujours absorbé par son travail. Ce n’est pas toujours vrai.

• Le cancanier: il faut se méfier de ce genre d’ami, parce qu’il s’empresse toujours d’aller raconter aux autres le secret que tu viens de lui révéler. Il s’excuse par la suite en disant qu’il ne pensait pas que cela était si important.

• L’informel: c’est celui qui ne prend pas au sérieux l’engagement. Il arrive en retard, oublie les rendez-vous ou bien a du mal à mener à terme les pactes qu’il avait préalablement fixés.

• Le conseiller : c’est l’ami qui prétend vouloir t’aider en jugeant tes actes. Il affirme qu’il le fait pour ton bien mais en vérité, il aime surtout te critiquer.

• Le complicateur: toutes les propositions lui semblent améliorables, ou alors il préfère choisir celle qui consiste à ne rien réaliser du tout. Son analyse profonde de tout peut devenir pathologique, empêchant les autres de réaliser leurs désirs.

• L’intrigant: il nous juge négativement tout le temps mais il ne veut pas le reconnaitre, en nous disant qu’il ne fait que répéter ce que les autres lui disent de nous. Il veut nous convaincre qu’il nous le dit pour nous aider et nous protéger.

• La sangsue: c’est l’ami qui se fâche lorsque tu planifies quelque chose sans compter sur lui. Il pensé que tu lui appartiens et il veut contrôler ta vie. Il veut que tu saches qu’il est ton meilleur ami.

• Le compétiteur: il ressent de la jalousie envers toi, avec une certaine obsession à vouloir te ressembler, arrivant à établir une concurrence farouche avec toi pour te démontrer qu’il est supérieur à toi. Dans le fond, il ressent pour toi une forte admiration.

image-amitié-personnes-toxiquesMais, il existe aussi des personnalités qui nous intoxiquent: elles sont jalouses, paranoïaques, gamines, égoïstes, en définitive, asphyxiantes

Toutes ces personnes-là sont nombreuses et variées, mais elles ont un point en commun, celui de ne rien apporter de positif à leurs relations, que ce soit dans le domaine sentimental, amical, ainsi qu’au travail et même en famille. Elles ont plutôt tendance à détruire toute initiative de vouloir nouer des relations agréables, avec tout juste un minimum de cordialité. Elles sont porteuses de conflits. Elles sont gênées par tout et finissent par t’absorber psychologiquement parce qu’elles ne cherchent qu`à s’approprier de toi, elles vident ton portefeuille, elles en veulent toujours davantage, elles te manipulent.

Le psychologue Albert J. Bernstein, auteur de « Se libérer des vampires affectifs » , nous avertit que le fait que ces personnes-là nous dérobent notre énergie est dangereux, puisqu’elles sont presque étouffantes, expertes en relations hyper absorbantes, véritables pros de l’intoxication par excellence, comme leur nom l’indique. Par conséquent, on a du mal à les identifier au premier abord, leur personnalité passant très souvent inaperçue à nos yeux. C’est en les fréquentant que nous nous rendons compte que les vibrations négatives se répètent tout le temps: fatigue, frustration, stress ou  soulagement de se retrouver seuls.

À plusieurs occasions, nous sommes nous-mêmes responsables de cultiver cet aveuglement, ne voulant pas reconnaitre leur condition  de ‘vampires émotionnels’ parce qu’il s’agit peut-être de notre couple, d’un proche ou d’un ami. “Je me fais peut être des idées” ou bien, “Je suis peut-être coupable” sont des pensées qui ne font que prolonger cette relation malsaine. À tel point que les autres en profite pour profiter de nous, nous manquer de respect et abuser de notre confiance.

Le psychanalyste  et divulgateur français Dominique Barbier nous offre dans « La fabrique de l’homme pervers » (publié chez Odile Jacobs) une série d’indices et de caractéristiques de façon à savoir identifier les personnes toxiques au premier abord.

Les amitiés toxiques ont une grande capacité psychologique, elles devinent les craintes et les fantasmes de leurs proies pour mieux  séduire leurs victimes. Dans un premier temps, elles nous font croire que tout est possible avec elles, de façon à mieux te manipuler par la suite. Elles savent adapter leur comportement à la perfection, mais aussi leurs principes et leurs valeurs, en fonction de leurs victimes.

  1. Elles savent retourner les situations avec beaucoup d’habileté. Elles se présentent comme victimes alors que ce sont elles les bourreaux. Il s’agit d’une fausse victimisation, avec comme seul et unique objectif, celui de séduire et de faire le vide autour de ses victimes pour mieux manipuler quand elles en auront besoin.
  2. Ces personnes ont le don de déformer la réalité en utilisant des mensonges et des mots à double sens, puisque c’est en contrôlant ton discours, qu’elles contrôlent tes pensées. Elles peuvent mélanger des insultes et des compliments dans une même phrase imperturbablement.
  3. Ces personnes agissent comme de vrais prédateurs, des vampires qui ne respectent pas l’autonomie des autres et leur imposent leurs critères. Si tu ressens une certaine fatigue mentale à la suite de leur fréquentation, c’est le signe évident que tu es sous l’effet d’une intoxication mentale.
  4. Elles n’ont pas de principes. Ils varient en fonction de leurs objectifs ou de contexte  et elles cherchent à éloigner les autres de leur système de valeurs particulières.
  5. Elles sont imperméables à la culpabilité et elles font tout leur possible pour que nous nous sentions mal à l’aise de façon à nous faire sentir coupables.
  6. Elles sont d’excellentes stratèges, patientes et persévérantes jusqu’à l’obtention de leurs objectifs.
  7. Elles aiment semer le doute sur les qualités et les compétences des autres pour les disqualifier et éliminer leur estime de soi.
  8. Elles cachent une incohérence entre leur discours et leur comportement : d’un côté, leurs propos sont essentiellement altruistes, de l’autre, elles n’agissent que dans l’intérêt personnel.
  9. Les tabous moraux n’existent pas pour les “experts intoxicants”, vu qu’ils ne considèrent pas les autres comme des personnes dignes de respect ou de compassion, sinon comme un objet plus ou moins utile.

Comme tu peux en déduire toi-même: «avec certains amis, on n’a vraiment pas besoin d’ennemis».