La Psychologie est-elle une science exacte?

Aujourd’hui  la plupart des gens ont tellement intériorisé le langage de la Psychologie qu’ils en arrivent à croire pouvoir expliquer tout ce qui leur arrive et même leur propre personnalité avec des données psychologiques par le biais de spécialistes ou de simples amateurs/passionnés de psychologie.

Or ce psychologisme est une énorme erreur de notre société moderne car la psychologie n’est ni plus ni moins efficace que la spéculation philosophie.

En d’autres termes, abandonner votre vie, vos souffrances intérieures à la psychologie, la plupart du temps, c’est accorder/reconnaître naïvement un (super)pouvoir existentiel aux simples mots, aux simples théories de simples personnes qui spéculent sur l’âme humaine ou l’esprit humain dont les voies d’accès ne sont données à personne d’autre que vous-même.

Dans cet article, j’aimerais brosser l’histoire, les dessous/divergences scientifiques de la psychologie afin de faire voir que la psy n’est qu’une science parmi tant d’autres. Qui dit science, dit pour ainsi dire, recherche de la vérité, de ce qui est vrai ou d’expliquer comment est-il devenu ce qu’il est. Or la seule chose qui fait l’unanimité chez les scientifiques de tous bords, c’est que la science -a fortiori psychologique- est incapable de l’atteindre car s’exerçant dans les strictes limites de l’entendement de l’homme, que nous savons tous limité. Evidemment !

Bref, après avoir lu cet article, à vous de faire votre idée : la psychologie a vraiment réponse à tout? à toutes mes souffrances intérieures ? à mes difficultés de la vie?

Qu’est ce que la Psychologie

La psychologie, science du comportement de l’homme et éventuellement d’autres animaux supérieurs (psychologie animale) ; elle étudie chez l’homme les fonctions psychiques et les processus mentaux tels que la perception, la mémoire et l’intelligence, en d’autres termes, la façon consciente ou inconsciente dont les êtres humains sentent, pensent, apprennent et connaissent.

La psychologie moderne se donne pour tâche de recueillir des données objectives et quantifiées sur le comportement et sur l’expérience afin d’en faire la synthèse dans des théories psychologiques. Ces théories aident à comprendre, à expliquer et dans certains cas à infléchir le comportement des individus.

La psychologie ne s’est constituée comme science qu’au XIXe siècle, mais ses principaux concepts — et l’idée même d’esprit — furent élaborés dès les débuts de la philosophie, dans l’Antiquité grecque.

L’origine : les débuts philosophiques de la Psychologie

Platon, Aristote et d’autres philosophes grecs ont formulé quelques-unes des questions fondamentales de la psychologie qui sont encore à l’ordre du jour : l’homme naît-il avec des dons, des capacités et une personnalité spécifiques ou les acquiert-il au contraire par l’expérience ? Comment l’homme parvient-il à connaître le monde ? Les idées et les sentiments sont-ils innés ou acquis ?

La théorie psychologique moderne plonge ses racines dans l’œuvre de René Descartes et dans celles des philosophes britanniques Thomas Hobbes et John Locke au XVIIe siècle. Descartes affirmait que le corps de l’homme est semblable aux rouages d’une machine, tandis que l’esprit ou l’âme est une entité distincte, dont la seule activité est de penser. Il soutenait que l’esprit renferme certaines idées innées, qui ont un rôle fondamental dans la structuration de l’expérience.

Hobbes et Locke attachaient pour leur part un rôle primordial à l’expérience comme source de la connaissance. Locke pensait que tout ce que l’on sait du monde extérieur nous est transmis par les sens et que les idées sont adéquates aux choses seulement lorsqu’elles procèdent d’une information sensorielle.

La psychologie moderne s’est en grande partie développée à partir des conceptions empiristes de Locke, mais l’idée cartésienne d’une structure mentale innée se retrouve aujourd’hui encore dans certaines théories de la perception, du langage et de la cognition (pensée et raisonnement).

Les développements scientifiques de la Psychologie

Étude des fonctions des différents systèmes organiques du corps, la physiologie est le champ qui a le plus puissamment contribué au développement de la psychologie scientifique.

Le physiologiste allemand Johannes Müller (1801-1858) s’est efforcé de mettre en relation l’expérience sensorielle avec, d’une part, les processus du système nerveux et, d’autre part, les conditions du milieu environnant. Les premiers grands initiateurs de la psychologie expérimentale furent le physicien allemand Gustav Theodor Fechner (1801-1887) et le physiologiste allemand Wilhelm Wundt.

À partir de recherches expérimentales précises, permettant d’évaluer la quantité d’énergie nécessaire pour produire les stimuli à l’origine des sensations, Fechner crut pouvoir établir que l’intensité psychique de la sensation varie comme le logarithme de l’excitant (loi de Fechner). Wundt, qui créa le premier laboratoire de psychologie expérimentale à Leipzig, en 1879, a initié des étudiants du monde entier à cette nouvelle science.photo systeme nerveux central

Les premiers médecins qui s’intéressèrent aux maladies mentales ont également contribué au développement des théories psychologiques modernes. Ainsi, la classification systématique des troubles mentaux réalisée par le pionnier allemand de la psychiatrie, Emil Kraepelin, sert encore de base aux méthodes de classification en usage de nos jours.

Plus célèbre encore est l’œuvre de Sigmund Freud, inventeur du système d’analyse et de traitement connu sous le nom de psychanalyse. Dans son œuvre, Freud a attiré l’attention sur les pulsions instinctuelles et les motifs inconscients qui déterminent le comportement. Cette approche, centrée sur les contenus de la pensée et sur la dynamique des motivations plutôt que sur la nature de la connaissance elle-même, a eu un retentissement considérable sur le cours de la psychologie moderne.

La Psychologie au XX ième siècle

Aux États-Unis, jusqu’aux années 1960, les développements de la psychologie furent essentiellement déterminés par des considérations pratiques, les praticiens cherchant à appliquer la psychologie aux domaines de l’école et de l’entreprise et s’intéressant peu aux processus mentaux : ils limitaient l’objet d’étude de la psychologie au comportement manifeste, observable et vérifiable dans les relations intersubjectives. Le chef de file de ce mouvement, appelé béhaviorisme, était le psychologue John B. Watson.

La psychologie moderne reste à bien des égards héritière des champs de recherche et des types de spéculation dont elle est issue. Ainsi voit-on certains psychologues se consacrer avant tout à la recherche physiologique, tandis que d’autres privilégient l’aspect thérapeutique et que d’autres encore, moins nombreux, cherchent à développer une conception plus globale, plus philosophique de la psychologie.

Si certains praticiens continuent à vouloir confiner la psychologie à l’étude du comportement — voire à nier tout simplement l’importance ou la réalité des processus psychiques — dans l’esprit du béhaviorisme, la plupart des psychologues considèrent aujourd’hui que la structure mentale constitue le véritable objet de la recherche psychologique.

Les principaux domaines de la recherche

Le champ de la psychologie moderne est situé au carrefour des sciences biologiques et des sciences sociales.

La Psychophysiologie

Discipline relevant des sciences expérimentales, intermédiaire entre la neurophysiologie et la psychologie, la psychophysiologie étudie les relations d’interdépendance entre les mécanismes psychiques et les fonctions du système nerveux.

La découverte d’un centre de la parole dans le système nerveux central par Paul Broca en 1861 fut à l’origine de l’essor de la psychophysiologie. Par la suite, le perfectionnement des techniques, notamment l’apparition de l’électro-encéphalographie, a permis des progrès spectaculaires dans l’étude scientifique du fonctionnement du cerveau et, plus généralement, des mécanismes physiologiques qui sous-tendent les fonctions psychologiques.

Parallèlement, la psychophysiologie élargit son champ d’investigation en y intégrant de plus en plus de phénomènes psychiques. Ainsi, il n’existe aujourd’hui qu’une frontière ténue entre la psychophysiologie et la psychologie. La production des hormones sexuelles, qui entraînent de nombreux changements dans la croissance et le développement du corps, ainsi que dans l’évolution psychique des individus, constitue l’un des nombreux objets d’études communs aux deux disciplines.

Conditionnement et apprentissage

Comment les organismes changent-ils en fonction de l’expérience, en d’autres termes, comment apprennent-ils ? Cette question est au centre des recherches sur l’apprentissage, menées pour une grande part sur des animaux comme les souris, les rats, les pigeons et les chiens. On distingue généralement deux principaux types d’apprentissage : le conditionnement classique et l’apprentissage instrumental.

Le conditionnement classique se réfère aux expérimentations menées par le physiologiste russe Ivan Pavlov, qui lui ont permis de mettre en place un réflexe conditionné. Selon Pavlov, c’est du couplage d’un stimulus conditionné et d’un stimulus non conditionné que procède l’apprentissage.

Dans l’apprentissage instrumental ou conditionnement opérant, expérimenté par Burrhus F. Skinner, l’accent est mis sur le rôle de la récompense donnée à l’animal afin qu’il répète une action donnée dans une situation analogue à celle où il l’a apprise.

Ces deux voies de recherche sur le comportement animal concernent des aspects élémentaires de l’expérience d’apprentissage. Le conditionnement classique met en lumière l’importance du couplage des stimuli conditionnés et non conditionnés, alors que l’apprentissage instrumental révèle toute l’importance du couplage de la réaction et de la récompense.

En d’autres termes, le premier s’interroge sur les catégories d’événements qui sont associés dans l’expérience d’apprentissage, tandis que le second s’intéresse aux conséquences des actions. La plupart des situations d’apprentissage impliquent des éléments propres à l’un et l’autre type de conditionnement.

Les études cognitives

Les études sur l’apprentissage humain, plus complexes que les études sur l’animal, ne s’apparentent pas exclusivement au conditionnement classique ou à l’apprentissage instrumental. L’apprentissage et la mémoire chez l’homme ont été étudiés surtout à partir de matériel verbal (listes de mots ou histoires) ou à partir de tâches nécessitant des capacités motrices (pratique de la dactylographie ou d’un instrument de musique).

Ces recherches ont démontré qu’aux grands progrès enregistrés au début de l’apprentissage succède un rythme de plus en plus lent ; cette courbe décroissante caractérise également l’oubli massif juste après l’apprentissage, et bien moindre par la suite.

Au cours des dernières décennies, la psychologie a délaissé le cadre étroit des études béhavioristes, pour accorder une place importante à la cognition. Cette nouvelle orientation a permis d’analyser notamment le rôle de l’attention, de la mémoire, de la perception, de la reconnaissance de motifs et de l’usage du langage (psycholinguistique) dans les processus d’apprentissage. Dépassant rapidement le cadre des recherches en laboratoire, cette approche fut adoptée par des praticiens à des fins thérapeutiques.

Les processus mentaux plus complexes comme la conceptualisation et la résolution de problèmes sont le plus souvent appréhendés par le biais des théories de l’information. Ainsi, on utilise des métaphores de la technologie informatique, on s’interroge sur la façon dont l’information est encodée, transformée, mémorisée, retrouvée et transmise par les humains.

En fait, les chercheurs cognitivistes fondent leurs travaux sur une hypothèse fort contestée, selon laquelle le psychisme doit être considéré comme une machine de traitement de l’information, analogue à un ordinateur. Si les théories de l’information ont permis d’élaborer des modèles de pensée et de résolution de problèmes que l’on peut tester dans des situations limitées, elles ont aussi révélé que l’on peut difficilement dégager les modèles généraux de la pensée par ces seuls moyens.

Tests et mesures

Utilisés dans de nombreux domaines de la psychologie, les tests et les méthodes de mesure sont appliqués avant tout dans le milieu scolaire.

L’instrument psychologique le mieux connu est le test d’intelligence à l’aide duquel les psychologues tentent de mesurer, depuis le début des années 1900, la capacité des élèves à réussir sur le plan scolaire. De tels tests se sont révélés utiles pour la sélection scolaire, pour la formation professionnelle et pour prévoir les chances de réussite dans les différentes branches de l’éducation.

Des tests spéciaux ont été mis au point pour prédire les chances de réussite dans différentes professions et pour évaluer les connaissances des candidats dans diverses disciplines. Les tests psychologiques sont utilisés pour mesurer les aspects de la personnalité, les intérêts et les attitudes.

La principale difficulté que rencontrent les concepteurs de tests réside dans la définition d’une norme appelée à servir de référence lors de l’évaluation des réponses, car on note que les résultats des tests reflètent souvent davantage le milieu socioculturel du sujet interrogé que ses capacités réelles.

Du fait de l’absence de consensus sur les normes à adopter, les tests d’intérêt professionnel sont également critiqués, car parmi les nombreux critères qui ont été proposés pour ces tests, rares sont ceux qui permettent de mesurer directement la personnalité des sujets.

Psychologie sociale

L’examen du comportement des individus dans leurs rapports avec les groupes sociaux et plus généralement avec la société constitue l’objet de la psychologie sociale.

Un grand nombre de théories dans ce domaine peuvent être considérées globalement comme des théories de l’équilibre, pour autant qu’elles s’intéressent à la question de savoir comment l’individu parvient à équilibrer ou à concilier ses propres idées, son identité sociale ou ses représentations sociales avec les actions et les attitudes préconisées par une partie ou par l’ensemble de la société.

Outre la socialisation de l’individu et l’intériorisation de la norme, la psychologie sociale tente d’analyser le comportement collectif de groupes humains, notamment l’émergence des leaders en leur sein.

Psychopathologie

La mieux connue des branches de la psychologie, la psychopathologie s’attache à décrire et à traiter des comportements psychologiques anormaux. La forte médicalisation de ce domaine a conduit à faire porter l’accent sur la dynamique (les causes et les conséquences) de tels comportements, plutôt que sur les aspects cognitifs des expériences anormales, lesquels constituent néanmoins un objet d’étude à part entière.

Les systèmes de classification des comportements anormaux sont multiples et évoluent avec l’extension des connaissances.

Les trois grands groupes de troubles mentaux sont les troubles psychotiques, ou psychoses, qui impliquent une perte de contact avec le réel (schizophrénie, psychose maniaco-dépressive et psychoses organiques), les troubles non psychotiques ou névroses qui généralement n’impliquent pas de rupture avec le réel mais rendent la vie pénible, malheureuse (comme les troubles d’anxiété, les phobies, les troubles obsessionnels-compulsifs, l’amnésie et la personnalité multiple), et les troubles de la personnalité qui affectent les personnalités antisociales (« psychopathes » ou « sociopathes ») ainsi que les individus présentant d’autres comportements excessifs ou déviants.

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