L’engagement, pour apprendre de nos succès et de nos échecs

image-engagement-vieNombreuses sont les personnes pour lesquelles le fait de s’affronter à la réalité de chaque jour est un réel tourment, c’est une discipline où ils ont échoué et qu’ils doivent retravailler. C’est celle des craintes face aux problèmes quotidiens, qui, alors que la plupart des gens ne semblent pas affectés, se convertissent en un frein insurmontable.

Comme seule issue, de nombreuses personnes choisissent la fuite pour ne pas faire face à des situations qui sont pour elles une source de stress et d’anxiété.

 Peur de l’engagement : toute une vie détruite

Nombreux sont les cas de personnes, que nous considérons intelligentes et compétentes, qui n’ont pas su ou qui n’ont pas voulu assumer la responsabilité de leurs propres vies. Affronter leurs vies représente un effort trop important pour elles.

Récemment, je me suis retrouvé avec un ancien camarade de classe que je n’avais pas vu depuis très longtemps. À l’école, il s’agissait d’une personne dotée de très grandes capacités, studieuse et même brillante, qui maintenait de très bonnes relations avec ses camarades et les professeurs. Pour résumer, c’était une personne totalement normale. Il avait la même allure qu’à l’époque, mais quelque chose de curieux dans son comportement m’a fait penser qu’il lui arrivait quelque chose d’étrange.

Après avoir bien insisté, il a finalement accepté de déjeuner avec moi et, c’est à ce moment là, qu’il m’a avoué que cette situation le mettait mal à l’aise. Il ne savait pas quoi dire, ni quoi raconter de sa vie. Il se sentait un peu honteux de ne pas avoir un emploi stable, et aussi d’avoir pris l’insolite habitude de passer d’un travail à un autre, en évitant tout engagement.

Récemment, il avait changé de travail, pour un poste moins bien payé et moins bien positionné, simplement parce qu’on lui avait proposé une promotion qui, bien entendu, impliquait de plus grandes responsabilités. Il pensait que s’il les assumait et qu’il échouait, ce serait un coup dur pour son amour-propre. De même, il avait évité les relations avec les autres, il avait brisé les liens avec les amis les plus anciens pour ne pas avoir à justifier sa vie devant eux, il ne s’était pas marié non plus, n’avait pas eu d’enfants et quant à la petite amie qu’il avait eue, il avait rompu pour les mêmes raisons : éviter l’engagement.

image-sans-engagement-mal-etreToutes ces situations provoquaient un mal-être insupportable, une anxiété qu’il essayait de solutionner par la fuite, encore et encore. Au travail, il évitait tout type de contact personnel avec le reste de ses collègues, il ne déjeunait jamais avec eux, il ne prenait même pas un café, pour ne pas s’immiscer dans leurs vies et éviter ainsi que les autres ne s’impliquent dans la sienne. Si, occasionnellement, il était invité à une célébration ou à une sortie le week-end, il trouvait toujours une excuse pour ne pas y aller. Tous ses efforts visaient à éviter toute situation impliquante à court terme, qui pourrait affecter son amour-propre. Il se sentait très fragile, comme du verre et, tout l’effrayait parce qu’il pouvait se briser.

La peur elle-même l’enfermait et le faisait se sentir comme un pauvre malheureux et, pourtant, cette situation lui semblait de plus en plus irréversible. Plus il s’isolait, plus il avait peur de l’engagement et, par conséquent, il devenait de plus en plus difficile de rompre son isolement. Son manque d’engagement ne faisait qu’accroître son sentiment de frustration tout en lui causant une anxiété de plus en plus insoutenable, bien précisément ce qu’il prétendait éviter.

Le chemin de l’apprentissage est plein d’échecs, de défaites,  qu’il faut assumer. C’est pour cela qu’il est plus important de savoir encaisser un échec que de toujours tout bien faire. Sans doute que cela est l’unique leçon que mon ancien camarade n’a pas apprise : pour affronter la vie, il faut savoir apprendre à accepter nos limites et nos échecs. Si nous évitons toute situation de risque, nous évitons aussi toute possibilité d’échouer et il est donc impossible d’apprendre à accepter nos erreurs.

Les personnes très timides évitent généralement ce type de situations, elles ne s’aventurent donc plus, elles ne connaissent plus de nouvelles expériences, sensations, ou elles n’ont tout simplement plus aucune personne intéressante à fréquenter. Pour mieux profiter de nos vies, il faut avoir un peu de courage, assumer la part de risque inhérente à nos décisions, tout en apprenant aussi bien de nos succès que de nos échecs.

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