La solitude: jouir ou subir? Comment gérer la solitude?

image-solitudeAimes-tu être seul(e), ou bien te sens-tu seul(e) ? Nous, les adultes, recherchons des moments pour être seuls, pour mettre de l´ordre dans nos idées, pour penser attentivement à ce que nous avons à faire et pour nous éloigner des évènements qui se passent autour de nous. Ces moments de solitude nous sont précieux vu que le reste du temps, nous serons entourés de personnes, de voix et d´obligations.

La solitude est la pire des pauvretés

Mais sentir le poids de la solitude, c´est autre chose. C´est une sensation qui nous plonge automatiquement dans un silence intérieur, connectant immédiatement avec nos fibres les plus intimes. Elle épuise notre énergie, nous transformant en des êtres vulnérables et dépendants.

La solitude profonde et permanente trouble nos sens et voile notre capacité de décision, indépendamment du fait d´être en couple, d´avoir une famille ou d´avoir une relation stable avec quelqu´un.

Certaines personnes ressentent même un besoin désespéré de tendresse tel, qu’elles acceptent d´être indignement traitées, quant au respect et à la confiance, situation qu´elles ne supporteraient pas dans d’autres circonstances. Mendier de l´affection défigure ce qu’elles sont : elles deviennent l’ombre de leur personnalité.

Autonomie, individualisme, indépendance, liberté sans attaches… Ce sont les slogans qui plaisent à l´humanité dans ce troisième millénaire. Ils ont l´aspect de conquêtes qui vont apporter le bonheur et la chance à ceux qui vont vivre en appliquant ces principes-là. Attaché à ce genre d´incitations, nous, être humain, avons créé une société de la multitude, où, chose curieuse, on se sent de plus en plus seul.

C´est ainsi que la solitude devient le revers de la médaille après avoir rompu les liens (indépendance), après avoir choisi son propre intérêt avant celui d´autrui (individualisme), après être devenu sa propre autorité (autonomie). Quand le “moi” déborde, le cœur se vide des “autres”, et si les autres n´existent pas, même si nous sommes entourés, l´être humain se sentira seul.

Le sentiment de solitude permanent est une constance dans la vie de beaucoup, et ce vide intérieur va au-delà du temps que l´on passe avec les autres et de celui que nous passons autour de problèmes réels ou imaginaires (comme par exemple, l’éternel souci pour un avenir aussi incertain qu’imprévisible).

Ni les milliards de portables, ni les réseaux sociaux, ni la facilité de voyager ne peuvent remplir le vide intérieur qui augmente parmi des milliers d´occidentaux. Victor Hugo avait écrit que l´enfer est contenu dans ce mot: solitude. Si la course vertigineuse promue par l´individualisme débouche sur la solitude, ça vaut la peine de continuer la compétition?

Antidote contre la solitude

Cher lecteur, il existe un antidote contre la solitude, à la portée de tous, naturel comme la vie, pour éviter la pire des pauvretés qu’est la solitude.

Cet antidote est gratuit. Il marche tout le temps. Il ne crée pas d´addiction et il améliore considérablement la qualité de la vie. Il s´agit seulement de changer les ingrédients proposés. Au lieu d´individualisme, mettons solidarité; au lieu d´autonomie, choisissons la donation désintéressée, et orientons la liberté vers le bien au service de l´autre.

L´antidote efficace sera l´expérience de rencontrer quelqu´un qui t’accordera de l´importance, beaucoup d´importance. Oui, la solitude apparaît quand nous constatons que nous ne sommes rien, ni personne pour qui que ce soit. En quelques mots, la solitude meurt quand l´amour est présent.

Il n´y a rien de plus beau pour l´être humain que de savoir qu´un autre pense à lui, vit, agit et choisit pour lui. Son existence a un sens, l´indifférence tombe dans l´oubli. Se sentir aimé, tout simplement pour ce que l’on est et non pas pour ce que l’on fait, ni pour notre argent, ni pour d´autres intérêts. On est aimé pour ce qu´on est, en tout et pour tout …

C´est justement l´expérience simple et naturelle de la mère qui prend connaissance qu´elle attend un enfant : elle le désire, elle l´aime déjà. Une fois né, l´enfant va apporter des soucis, absorber le temps de sa maman, son temps de sommeil aussi, et il va donner beaucoup de travail. En échange, le bébé, satisfait à ses heures, offrira de beaux sourires qui seront une récompense généreuse pour la maman. La mère aime son enfant, non pas par ce qu´elle attend du bébé, mais parce que c´est son enfant tout simplement.

C´est ce mode de vie que notre société doit retrouver. Donner sans demander, pour obtenir ce que nous ne pouvons pas acheter avec de l´argent: la confiance en l´autre !