Le Stress chronique écourte la vie. Ne lui laissez pas ce temps !

Le stress est la forme qu’utilise l’organisme pour mobiliser l’énergie emmagasinée et
la rendre immédiatement disponible, qu’il s’agisse de dévaler les escaliers du métro avant
que la rame ne s’ébranle ou de prendre la parole en public. Le stress vous permet tout simplement de faire face ou de vous adapter aux innombrables demandes de l’existence.
Plus largement, les émotions sont des fonctions biologiques de survie qui visent à assurer
notre homéostasie (notre capacité à conserver notre équilibre de fonctionnement malgré
les contraintes extérieures) ou à nous écarter du danger. Elles se traduisent par des expressions du visage ou du corps. La peur par exemple provoque une accélération du rythme cardiaque, une contraction musculaire et une montée d’adrénaline qui préparent à la fuite.

Le dégoût lui, nous permet de ne pas nous empoisonner en nous évitant d’ingérer, par
exemple, de la viande avariée. Les émotions, même négatives, sont donc favorables à notre survie. Mais un problème survient lorsqu’elles deviennent chroniques et en décalage avec la réalité. Par exemple, vous êtes dans le métro, il y a de la foule et à un moment vous sentez quelque chose sur le côté. Vous avez un mouvement
brusque de recul. Il s’agissait d’un pickpocket qui essayait de prendre votre portefeuille. Vous avez eu une réaction (la peur et la surprise) qui vous a protégé. Si cette émotion
est retranscrite par le cerveau sous forme de pensée « cet endroit est dangereux », vous allez continuer à serrer votre portefeuille contre vous, même quand vous serez tout seul dans la rue, vous allez commencer à percevoir le monde comme hostile et vos pensées vont réactualiser l’émotion « peur ». Lorsque les peurs deviennent des stress d’anticipation, on peut avoir des inconforts et des symptômes préjudiciables
liés à ces peurs : troubles du sommeil, douleurs musculaires, troubles du transit, etc.

D’où l’importance de réguler les émotions. La réaction au stress est plus ou moins intense
selon les individus car l’aptitude à s’adapter varie considérablement. Elle pourrait même se forger in utero, au stade foetal, en fonction des signaux hormonaux reçus de la mère.
La réponse « combat ou fuite » (fight-or-flight) est une réponse physiologique de l’organisme à un événement perçu comme menaçant.

Initialement décrit par le physiologiste américain Walter Cannon dans les années 20, ce processus correspond à une chaîne de réactions, notamment hormonales, qui se produisent rapidement à l’intérieur du corps, face à une
« menace », perçue ou réelle. Ces changements ont pour but de mobiliser les ressources
nécessaires pour réagir et préparer le corps à combattre ou à fuir la menace.

Tout stress n’est donc pas forcément négatif. Le stress aigu survient de façon isolée, il est
généralement passager. Dans ce cas, il peut même être bénéfique car il place celui qui en
souffre dans un état d’hypervigilance et d’action. Les symptômes du stress disparaissent
lorsque cesse le facteur stressant (prise de parole en public, changement professionnel, situation nouvelle…).
Mais quand le stress s’installe, qu’il fait partie du quotidien, les effets sur la qualité de vie
peuvent être dramatiques. On parle alors de stress chronique, il s’accompagne de différents symptômes plus ou moins handicapants.
Chronique, il peut déclencher dépression, anxiété, et bien d’autres maux.

Ignorer ses émotions est dangereux pour la santé !

L’expression du visage est normalement la traduction expressive de l’émotion. Dans la tradition millénaire, les Chinois disaient qu’il fallait pratiquer le sourire pour que ce sourire s’intériorise et se transforme en joie intérieure. On peut donc pratiquer le sourire comme on ferait des pompes le matin.

Paul Eckman, un psychologue américain renommé, a longtemps étudié
les liens entre les expressions faciales et les émotions ; dans une de ses expériences, il a demandé à un groupe de personnes de contracter certains muscles du visage qui s’activaient lors d’émotions. Ensuite à l’aide de questionnaires il s’est rendu compte que les gens ressentaient des pensées en rapport avec l’expression affichée sur leur visage. Par exemple, s’ils avaient affiché la tristesse, il leur venait des pensées tristes.

Le fait de ne pas ignorer ses émotions négatives est la première étape pour qu’elles cessent de nous nuire. Ceci a été confirmé par des études américaines qui ont montré que les femmes touchées par un cancer du sein et qui se rendaient à des groupes de paroles avaient plus de chances de s’en sortir. Ces résultats ne sont
pas forcément intuitifs car on penserait plutôt que ces situations sont favorables à la rumination des problèmes, mais le partage des émotions et l’expression de la détresse permettent de ne pas rester bloqué. C’est d’ailleurs le but des exercices de régulation émotionnelle telle que la cohérence cardiaque (voir plus loin) : arriver à une régulation qui permette de ne pas rester figé dans une émotion donnée (neutre ou négative).

Les émotions qui renforcent le système immunitaire

On connaît la pensée positive, la « méthode Coué », mais cette méthode peut faire tomber
dans le déni : formuler des affirmations positives avec lesquelles toute la personne est en
contradiction. Au lieu d’affirmer des choses faussement positives, il est plus efficace de
favoriser des ressentis positifs. Cela peut être le fait d’aller voir un film comique, se souvenir de choses agréables, etc. Voir un film comique est une idée particulièrement bonne car le rire est connu pour avoir des effets physiologiques positifs sur la santé vasculaire par exemple. Dans ce cas, on n’est pas dans le déni car on est confronté à des scènes qui suscitent de vraies émotions.

Le Dr David McClelland de l’université de Harvard est allé plus loin : il a mesuré un marqueur du système immunitaire, le taux de lymphocytes T, sur trois groupes de personnes : l’un avait visionné un film sur mère Teresa, l’un avait vu un film sur les horreurs pendant la Seconde Guerre mondiale et les autres n’avaient vu aucun film. Il a constaté que le système immunitaire de ceux qui avaient regardé le film sur mère Teresa était stimulé. Ensuite, il a demandé à chaque personne de se souvenir de gens qui leur avaient fait du bien dans leur vie et là, l’activité du système immunitaire était encore améliorée.

L’état émotionnel influence certaines maladies

Si on croit les psychosomaticiens, toutes les maladies sont liées à un phénomène d’inhibition de l’action. Face à une situation stressante, si on ne peut pas lutter ni réagir, on entre dans le phénomène d’inhibition de l’action. Cette inhibition limite la douleur mais provoque la maladie.
A des degrés divers, nous sommes tous dans l’inhibition de l’action parce que nous
sommes des êtres civilisés. Nous avons donc une émotion appelée la honte, qui module
nos comportements et qui nous évite d’être dans une action spontanée en permanence.
Nos parents nous ont appris à ne pas crier, ne pas hurler, ne pas se rebeller. C’est un bénéfice pour l’équilibre social, mais c’est au détriment de l’équilibre individuel. On peut chercher à comprendre quelle forme d’inhibition nous a rendus malades, mais aussi essayer de se remettre en mouvement d’une manière ou d’une autre. Par le rire,  l’expression, la créativité ou le mouvement physique. Aller courir un 100 mètres en cas de stress est tout simplement une mesure d’hygiène et de santé.

Stress et anxiété : quelles différences ? 

Le stress est un mécanisme qui permet de répondre à une situation nouvelle. Il n’est pas
forcément néfaste. On parle de bon stress par opposition au mauvais stress.
Cependant, lorsqu’on subit un stress prolongé, un état d’inquiétude psychique peut s’installer, une sorte de peur diffuse : c’est l’anxiété.

L’anxiété conduit à des symptômes similaires à ceux du stress, mais elle constitue davantage une émotion liée à l’anticipation des événements.
L’anxiété est présente même lorsqu’il n’y a pas de menace ou de danger.
L’anxiété est considérée à partir d’un certain seuil comme une maladie qu’il est important
de prendre en compte et de soigner.