Aux origines des mouvements troublés de la timidité

image-cause-effet-arbreDans l’article précédent intitulé « les mouvements liées à la manifestation de la timidité » On a vu que les effets causés par la timidité aussi divers soient-ils sont tous de même nature et découlent d’une même loi.

Mais la timidité n’est pas suffisamment expliquée par la réduction à l’unité des mouvements qui l’accompagnent et la détermination de leur loi, mais il faudrait expliquer la nature de ces mouvements et pour ce faire,  remonter à leur origine.

Le timide, un sacré menteur

La timidité a été définie comme une perturbation des mouvements volontaires. Mais des mouvements ne peuvent être troublés que par d’autres mouvements et dans le cas de la timidité, les mouvements volontaires sont troublés par des mouvements spontanés ou automatiques. Que les mouvements propres de la timidité soient involontaires, c’est évident, mais qu’ils le soient tous, même ceux par lesquels la timidité se déguise, c’est ce qu’il faut prouver car c’est vrai.

stop-mensongeOn sait que le premier soin du timide est de cacher aux autres son embarras. La timidité peut se trahir, mais elle ne s’avoue point. La simulation fait partie de sa nature, non pas  la simulation réfléchie, calculée, mais le mensonge instinctif et de premier mouvement, la cachotterie peureuse. Au nombre des impulsions aveugles de la timidité est l’effort que le timide fait pour surmonter son trouble, et empêcher qu’il n’apparaisse.

On dit souvent que les réactions spontanées sont les plus sincères. Mais ce n’est pas totalement vrai, au moins en ce qui concerne le timide.

La timidité est spontanée, alors même qu’elle paraît hypocrite, qu’elle se montre pleine de détours, compliquée et subtile. Elle l’est jusque dans les mensonges qu’elle suggère. On sait en effet que le timide est menteur, comme l’hystérique.

Mais il l’est par affolement, par incontinence de langue; c’est un point que Rousseau a bien mis en lumière. Le mensonge du timide est involontaire; il lui échappe; si bien combiné qu’il paraisse, il est toujours la première idée folle qui surgit en son esprit troublé. Il représente ce qui lui vient, non ce qu’il a prémédité, cherché.

Un phénomène psychologique

Un tel phénomène a une explication en psychologie depuis bien longtemps. « Il arrive souvent, explique Carré de Montgéron, que la bouche des orateurs prononce une suite de paroles indépendantes de leur volonté, en sorte qu’ils s’écoutent eux-mêmes comme les assistants; et qu’ils n’ont conscience de ce qu’ils disent qu’à mesure qu’ils le prononcent » (Janet, V Automatisme psychologique, page. 216; Paris, Félix Alcan.)

parler-image-mensongeAinsi s’expliquent, non pas certes tous les mensonges des timides, car les timides mentent comme les autres hommes, intentionnellement ou par intérêt, mais les mensonges de timidité proprement dits. C’est ce qu’affirme Rousseau dans son livre Les Rêveries, 4e promenade :

« La marche de la conversation, plus rapide que celle de mes idées, me forçant presque toujours de parler avant de penser, a souvent suggéré des sottises et des inepties, que ma raison désapprouvait et que mon cœur désavouait, à mesure qu’elles s’échappaient de ma bouche, mais qui, précédant mon propre jugement, ne pouvaient plus être réformées par sa censure. C’est encore par cette première et irrésistible impulsion de mon tempérament que, dans des moments imprévus et rapides, la honte et la timidité m’arrachent souvent des mensonges auxquels ma volonté n’a point de part mais qui la précèdent en quelques sorte, par la nécessité de répondre à l’instant »

Le mensonge du timide serait donc innocent, étant « l’effet machinal de son embarras », et ne deviendrait coupable que parce qu’après l’avoir débité par étourderie, le timide le soutiendrait effrontément et de sang-froid.

Une force invincible ?

Encore Rousseau prétend-il que la timidité est une force invincible qui, après avoir provoqué le mensonge, rendrait la rétractation impossible. Si cette explication est vraie, la timidité mensongère est, soit une impulsion aveugle à un acte que la raison condamne, soit un arrêt également aveugle d’un acte que la raison commande.

Dans les deux cas, la timidité est le triomphe de l’automatisme sur la volonté, de linstinct sur l’intelligence.

Les mouvements de la timidité sont donc tous sans exception des mouvements spontanés et aveugles, venant se jeter à l’encontre des actes réfléchis et volontaires, et troubler ces actes.

Mais d’où vient ce retour offensif de l’instinct ou de l’automatisme aveugle dans une volonté et une intelligence toutes formées ?

L’Émotion, une puissance incomparable

Ce puissant contrôle de l’instinct sur la volonté et l’intelligence vient de l’émotion qui s’empare du timide et lui fait perdre en un instant tout l’empire qu’il semblait avoir acquis sur ses nerfs, partant, sur ses pensées et ses actes. On sait le paradoxe de Diderot sur le comédien : pour être un bon acteur, maître et sûr de son jeu, il faut être « blasé ».

Être blasé, ou plutôt être calme et de sang-froid, c’est justement là ce qui manque au timide. Stendhal, analysant sa timidité, disait aussi « Je ne commence à être moi-même que lorsque je suis accoutumé, blasé. Je remarque qu’en toute chose, pour bien faire, j’ai besoin de me blaser un peu. »

L’Émotion vient dézinguer les mouvements et la personnalité du timide

Les mouvements volontaires ne sont que les mouvements instinctifs qu’on a pris l’habitude de discipliner et de diriger. La volonté comporte donc des degrés, elle est plus ou moins parfaite, suivant que le contrôle sur les réflexes est plus ou moins complet.

Chez le timide, la volonté reste toujours imparfaite et précaire, en ce sens qu’elle est à la merci d’une émotion, qui démonte (c’est le mot propre) tout le mécanisme formé par l’éducation, qui fait perdre en un moment le bénéfice des habitudes acquises.

photo-penser-autresLa timidité peut être définie comme une volonté qui a perdu ses moyens d’action.  « Vouloir, dit Marie Bashkirtseff, mais pour vouloir, il faut encore pouvoir. Ceux qui réussissent avec un je veux sont soutenus, à leur insu, par des forces secrètes qui me manquent. » Ces forces secrètes manquent terriblement au timide. Le timide veut produire certains actes, et sent son incapacité de les produire. L’émotion qu’il éprouve a laissé sa résolution intacte, mais a aboli son pouvoir d’exécution.

La timidité n’est-elle pas dès lors une aboulie passagère ? N’est-elle pas l’abolition de la volonté, et la mise ou plutôt la remise en liberté des réflexes, sous le coup d’une émotion ?

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