Tests de personnalité: voici comment ils ont été fabriqués

image-test-personnaliteLe test psychologique est une épreuve permettant d’évaluer le fonctionnement intellectuel d’un sujet et sa personnalité, ainsi que l’absence ou la présence de pathologie.

Au delà du populaire « test de personnalité », dans cet article j’aimerais partager avec vous les différents tests existants et utilisés par les psychologues dans le traitement ou l’évaluation des troubles de la personnalité. À la fin de l’article, je vais parler, d’une façon plutôt pédagogique, de la vérité sur ces tests. Vous comprendrez par vous-même pourquoi les méthodes de ces spécialistes dits psychothérapeutes ne marchent pas toujours. Vous allez, par vous-même, pouvoir aussi vous faire une idée de comment ces méthodes créent une situation de totale dépendance de la personne malade qui sera en régulière consultation et en traitement sans fin.

Les différents tests psychologiques

Il existe une très grande variété de tests : on distingue les tests d’efficience des tests de personnalité. Les premiers visent à mesurer les capacités ou les aspects cognitifs d’un sujet (son intelligence, ses aptitudes, et ses connaissances) tandis que les seconds évaluent les aspects non cognitifs (intérêts, caractère, affectivité).

Les tests d’efficience : 

  1. Le test d’intelligence générale

J’ai consacré un article précédent à ce type de test aussi connu sous le nom de QI. L’article est intitulé: «  Le Quotient intellectuel (QI): le mystère de la réussite est ailleurs ».

          2. Le test d’aptitudes

Les tests d’aptitudes s’attachent à mesurer les caractéristiques individuelles responsables de l’acquisition et du traitement de l’information et permettent de définir les résultats futurs d’un individu dans un domaine pour lequel il n’a pas été formé. Ils regroupent les tests d’orientation scolaire ou professionnelle — comme par exemple le test d’intelligence sociale, qui mesure le degré de compréhension des situations sociales, des attitudes et expressions —, les tests de créativité (tels que le test de créativité de Torrance), les tests mesurant les capacités sensorimotrices (dextérité manuelle, perception visuelle, la coordination motrice, etc.) et les tests neuropsychologiques. Ces derniers évaluent une fonction cognitive et sont utiles à l’évaluation d’une détérioration et de l’efficacité d’un traitement. Ils portent sur la mémoire (échelle clinique de mémoire de Wechsler), le langage (test pour l’examen de l’aphasie, APHA-R), les fonctions exécutives (test de classement de cartes du Wisconsin, test des deux barrages de Zazzo pour tester l’attention, épreuve de rythme de Stambak pour l’organisation temporelle).

           3. Le test de connaissances:

Ce type de test est utilisé dans le cadre d’évaluations nationales des programmes scolaires ou de modifications de ces mêmes programmes. Ce type de test ne nous intéresse pas dans le cadre de ce site et de cet article.

Les tests de personnalité

Nous arrivons au cœur du sujet.  Les tests de personnalité permettent d’explorer les intérêts, le caractère et l’affectivité d’un sujet. Ils aboutissent à un « profil » du sujet et peuvent mettre en évidence des aspects pathologiques. Contrairement aux tests d’efficience, pour lesquels les réponses du sujet sont appréciées de manière précise et objective (il existe une bonne réponse et de mauvaises réponses), l’interprétation des tests de personnalité repose sur une validation empirique (c’est-à-dire, en gros, basée sur l’observation scientifique de la personne par le psy et à partir de cela ce dernier peut qualifier le comportement).

Bien que les qualités psychométriques des tests de personnalité ne soient pas les mêmes que celles des tests d’efficience, les tests de personnalité présentent un intérêt important : ils permettent d’avoir accès à des informations très riches et inaccessibles autrement. Ils sont classés en trois grandes catégories : les questionnaires, les tests objectifs et les tests appelés projectifs.

          1. Les questionnaires de personnalité ( le plus important)

Ces tests sont constitués de listes de questions auxquelles le sujet doit répondre en choisissant généralement entre deux réponses (oui ou non, le plus souvent). Ils connaissent une grande diffusion, en particulier dans le domaine du recrutement, car ils peuvent être corrigés facilement et permettent une cotation objective.

L’« inventaire multiphasique de la personnalité du Minnesota » (MMPI) est l’un des outils les plus utilisés dans le monde pour l’évaluation des troubles de personnalité ; avec un grand champ d’application, il est également employé dans le domaine de l’orientation ou du recrutement. Construit à la fin des années 1930 aux États-Unis (traduit en français en 1959 par Pierre Pichot et Jacques Perse) et révisé à plusieurs reprises pour tenir compte notamment des mutations culturelles, il est composé dans sa version originale de 550 propositions ou items, destinés à explorer plusieurs traits de personnalité. Il comporte trois échelles de validité (trois évaluations des attitudes adoptées par le sujet dans le choix de ses réponses) et dix échelles de mesure de la personnalité dites « pathologiques » (Hypocondrie, Dépression, Hystérie, Déviation psychopathique, Masculinité-féminité, Paranoïa, Psychasthénie, Schizophrénie, Hypomanie, Introversion sociale). L’analyse des résultats permet de dégager des profils névrotiques ou psychotiques.

Outre ce type de questionnaires issus de l’approche empirique, il existe aussi des tests conçus à partir de l’analyse factorielle et permettant l’élaboration de différentes dimensions de la personnalité. Créé dans les années 1960, le questionnaire de personnalité d’Eysenck (Eysenck Personality Inventory, EPI) comporte 57 items permettant d’évaluer deux traits considérés comme fondamentaux dans la personnalité : le névrosisme et l’introversion/extraversion — une troisième échelle « L » (pour lie, « mensonge ») mesure la tendance du sujet à falsifier ses réponses).

Enfin, une troisième catégorie d’épreuves, basées sur une approche théorique, évaluent une typologie de personnalité. L’inventaire typologique de Myers-Briggs (Myers Briggs Type Indicator, MBTI), créé en 1943 aux États-Unis mais couramment utilisé également en France dans le domaine du recrutement, est issu des travaux de Jung. Il comporte quatre échelles de vingt items chacune (introversion/extraversion, jugement/perception, sensation/intuition, pensée/sentiment). L’analyse des résultats permet de classer le sujet parmi 16 types de personnalité.

          2. Les test objectifs de la personnalité

[sociallocker]Ces tests de personnalité se présentent sous la forme de tests d’efficience bien qu’ils explorent les aspects non cognitifs de la personnalité d’un sujet. Ils n’évaluent pas celle-ci dans sa globalité mais plutôt un aspect précis et reposent une analyse strictement quantitative. Leur utilisation se limite essentiellement aux recherches expérimentales. L’une de ces épreuves, le test des figures intriquées (Embedded Figure Test, EFT), mesure la dépendance-indépendance à l’égard du champ (DIC), c’est-à-dire la capacité d’un sujet à isoler un élément de son contexte et à le réutiliser dans un autre contexte ; il permet ainsi d’évaluer son aptitude analytique dans la résolution de problèmes.

           3. Les tests projectives (ici je vais devoir citer un peu plus de pistes pour ceux qui veulent pousser leurs recherches)

Ces techniques renvoient en partie au mécanisme de projection décrit par Sigmund Freud: ils font appel à l’inconscient et reposent sur le postulat que les sujets vont se projeter sur le matériel présenté.

Si le plus ancien d’entre eux est le test d’association de mots de Jung (1904), le plus connu et le plus documenté est le test de Rorschach (1921). Dans sa forme contemporaine, celui-ci est composé de dix planches représentant des taches d’encre ; le sujet doit dire ce qu’il y voit. Ce test connaît plusieurs systèmes d’interprétation et de cotation (dont ceux de Cécile Beizmann et de John E. Exner, les plus représentés en France). Il joue un rôle important dans le domaine de la pathologie mentale, en particulier dans l’étude des psychoses.

L’autre test projectif le plus couramment utilisé est le test d’aperception thématique, connu sous son sigle « TAT » (en anglais Thematic Apperception Test) et construit par Henry A. Murray dans les années 1930. Il consiste à raconter une histoire à partir de planches représentant des personnages en situation ou bien des paysages. Ces récits sont ensuite cotés selon des systèmes complexes et une interprétation subtile s’appuyant sur trois niveaux de la personnalité, proches de la théorie de Freud : les tendances refoulées (l’inconscient selon Freud), la pensée intérieure (le préconscient) et le comportement (le conscient).

Le test de frustration de Rosenzweig est considéré comme l’un des tests les plus « objectifs » parmi les méthodes projectives. Il est constitué de vingt-quatre vignettes de bande-dessinée présentant une situation conflictuelle. Une bulle est laissée vierge dans laquelle le sujet inscrit sa réponse. L’analyse des résultats, donnés sous forme numérique, est réalisée selon deux axes : la direction de l’agressivité — qui peut être extrapunitive si le sujet répond à la situation frustrante par une agression vers l’extérieur, intropunitive (s’il s’accuse lui-même) ou impunitive (s’il décrit la situation comme sans importance) — et la réaction à la frustration.

La nature subjective de l’interprétation rend les tests projectifs particulièrement vulnérables à la critique et, s’ils ont bénéficié d’un long engouement, leur utilisation a commencé à décliner à partir des années 1960. Ils font cependant toujours partie intégrante de la batterie de tests psychologiques classiques dans le cadre de la psychologie clinique.

Ces tests sont-ils réellement valides ? Faites votre propre idée …

Un instrument a une bonne validité s’il mesure bien ce qu’il est censé mesurer. La validité d’un test est établie en fonction de plusieurs critères.

Un test a une « validité de contenu » si l’échantillon des items dans le test est représentatif de tous les items pertinents qui auraient pu être utilisés. Par exemple, les mots contenus dans un test d’épellation doivent couvrir toute une gamme de difficultés.

La « validité par rapport au critère » renvoie à la précision avec laquelle le test spécifie un résultat futur ou concurrent. Par exemple, un test d’aptitude artistique a une validité prédictive si de très bons résultats sont obtenus par ceux qui réussiront plus tard dans une école artistique.

La « validité de construction » est habituellement déterminée au regard des traits ou des qualités psychologiques mesurés par le test. Par exemple, un test mesurant le trait de caractère « besoin d’accomplir des tâches » est sans doute en mesure de prédire que les sujets ayant de bons résultats travaillent plus indépendamment, font preuve de plus de persévérance dans la résolution de problèmes et maîtrisent mieux les situations de compétition que ceux dont les résultats sont faibles.

La « sensibilité » désigne la finesse avec laquelle l’épreuve discrimine ce qu’elle mesure. Enfin, un test a une bonne « fidélité » si lors de différentes passations, dans les mêmes conditions et avec le même échantillon, les résultats sont constants.

Les tests psychologiques nourrissent un certain nombre de controverses liées principalement à l’interprétation des résultats et à leur application. La plupart des critiques portent sur la surévaluation des résultats des tests et la confiance aveugle qui leur est faite lors de la prise de décisions majeures pour la vie, particulièrement dans le cas des tests d’intelligence. Malgré leurs faiblesses, les tests sont d’une grande utilité pour les psychologues de part leurs applications variées (dépistage de sujets en difficulté, orientation scolaire, sélection, investigation pour un bilan, évaluation, expertise…) dans des champs variés (psychologie du développement, psychologie scolaire, psychopathologie…).[/sociallocker]