Le timide a une conscience morbide de lui-même et de son entourage

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La timidité trouve principalement sa source dans la manière dont la conscience se révèle au timide. C’est pourquoi il existe une forme très particulière de la conscience chez le timide : une conscience morbide, troublée ou agitée.

Les deux types de conscience

Il existe en effet deux sortes de conscience en général: la conscience normale, qui une fonction utile car elle est la condition de l’organisation des actes psychiques de l’individu; et la conscience morbide, celle-ci est affolée, agitée et entrave l’organisation de ses actes. Cette conscience morbide est celle du timide. C’est elle qui engendre la timidité et la tire au plus haut degré.

Comme on l’a vu dans cet article, la timidité n’existe qu’à la condition d’être consciente, il faut donc chercher à préciser la forme particulière de cette conscience chez le timide. Comment fonctionne-t-elle ? Comment parvient-elle à déstabiliser le timide à son corps défendant ?

Déjà qu’est ce que la conscience  ?

Le dictionnaire la définit comme la « présence à l’esprit d’une idée, d’une notion, ou d’une réalité sensible ». Ex : J’ai pris conscience du risque. C’est-à-dire que je ne savais pas qu’il y avait un risque que lorsque je m’en suis rendu compte.

La timidité et la conscience en général ont une origine commune : elles traduisent toutes les deux un état d’incoordination cérébrale. La conscience en effet n’est pas liée à telle ou telle fonction du cerveau mais à un mode particulier de l’exercice des fonctions du cerveau. La conscience est donc un mode d’exercice du cerveau, mais ce mode n’est pas définitivement organisé et fixé.

La conscience morbide et agitée du timide

silence-image-timide-en-reflexionPour rendre les choses plus simples, la conscience se résume en un mot : l’attention. L’attention a une fonction utile; elle guide la main, les pas et l’esprit. C’est elle qui surveille et dirige l’adaptation des mouvements et des pensées. Dans ce processus naturel, il se pourrait qu’il se produise un trouble, un désarroi de l’esprit. Chez le timide, la conscience n’est plus la conscience normale, simplement éveillée, attentive, mais la conscience agitée, exaspérée, maladive.

La conscience normale révèle un état d’incoordination, et contient en même temps le pouvoir de mettre fin à  cette incoordination. Mais la conscience morbide révèle un état d’incoordination, et l’incapacité d’en sortir. C’est là où le timide s’enfonce. C’est pourquoi, lorsque la timidité commence à gagner le timide même par le fait d’un fait minuscule, le processus s’accentue, la timidité ne cessera de gagner en intensité.

Suivant les cas où elle se produit, la conscience répond donc à un besoin, ou est au contraire un luxe et une gêne. La conscience normale est comme l’attention et le soin donnés à l’organisation des opérations psychiques, elle est utile; la conscience morbide, ou timidité, ne fait que souligner, accentuer et accroître le trouble de ces opérations; elle n’est pas seulement surérogatoire, mais encore nuisible.

La timidité et la conscience ne se produisent donc pas exactement dans les mêmes conditions, ne sont pas de même nature, et ne tendent pas à la même fin. Le timide ne gagne sa conscience normale que lorsqu’il n’est pas en face d’un fait intimidant, un fait troublant qui déclenche sa timidité.