Trac Et Timidité Maladive

Dans cet article, je mets en évidence le trac avec des illustrations et explications faites par Dr René Fauvel dans un petit livre qui traite de comment maîtriser le trac et la timidité.  À travers ces différents récits, j’explique la différence qu’il peut y avoir entre le trac qui n’est pas une maladie en soi, et la timidité sévère ou maladive qui comporte en elle on va dire « un trac plus sévère ». Vous allez le voir avec ces anecdotes que le docteur nous raconte. Il commence par définir le trac:

C’est d’abord l’angoisse, que tout le monde connaît et qui se localise tantôt à la gorge, tantôt dans la région du coeur, tantôt au creux de l’estomac; elle est souvent accompagnée d’une sensation d’étouffement et de constriction thoracique.

La sensation de palpitations est fréquente. Les troubles circulatoires sont ressentis comme une bouffée de chaleur au visage. On note parfois un malaise physique indéfinissable.
Le plus appréciable des symptômes moteurs est le tremblement, qui affecte de préférence les bras, les mains, les mollets, la langue, et peut, dans certains cas, devenir généralisé.
Il existe aussi un certain degré de faiblesse et de raideur musculaire: chez le pianiste intimidé les doigts peuvent se raidir au point de rendre l’exécution impossible. Chez le violoniste, les doigts se crispent, se déplacent, et le son monte.
La raideur musculaire qui se produit au moment de l’émotion donne lieu au phénomène suivant, signalé par Hartenberg: si dans une rue déserte, on est sur le point de croiser un passant qui vient en sens inverse sur le même trottoir, et si on le regarde fixement, il n’est pas rare qu’au moment du croisement l’inconnu laisse traîner une ou plusieurs fois son talon sur le sol: c’est un timide troublé par le regard fixe et chez qui une
ébauche d’émotions a provoqué une raideur subite des jambes.
L’émotion peut provoquer de l’incoordination musculaire; les mouvements perdent leur harmonie; le timide n’a plus le contrôle de ses gestes; il devient gauche et maladroit; ses pieds se prennent dans le tapis, il se heurte aux meubles, fait rouler son chapeau par terre, en voulant le relever casse un bibelot. Au buffet il renverse sa tasse de thé ou sa coupe de champagne sur la robe de sa voisine, il ne sait plus ni marcher ni s’asseoir, ni que faire de ses pieds, de ses mains, de toute sa personne.
Les troubles de l’élocution sont fréquents; ils relèvent d’une quadruple cause:

– psychique (confusion mentale)
– laryngée (spasme des cordes vocales)
– respiratoire (dyspnée) – linguale et labiale.

Le timide présente, au moment de l’accès, des troubles de l’idéation, en même temps que ses cordes vocales se crispent, et dans certains cas refusent tout service, occasionnant un véritable mutisme.
La respiration devient plus rapide, le chanteur a du mal à tenir sa note, à filer les sons, il se sent essoufflé, la voix s’affaiblit et souvent détonne.
L’orateur trébuche dans ses périodes, la langue, les lèvres, les joues participent aux troubles musculaires; la langue a perdu sa souplesse, les lèvres tremblent, d’où hésitation, bredouillement, bégaiement.

Il existe différents types de trac: trac des examens, des artistes, des professeurs et conférenciers, le trac sexuel …

Voyons comment le professeur Mosso a vécu un « enfer » pendant sa prémière conférence. Il le raconte dans son livre intitulé « La Peur » rapporté par Docteur Fauvel:

« Je me souviens toujours de ce soir, et je m’en souviendrai longtemps… Je regardais derrière le rideau d’une porte vitrée qui donnait dans le grand amphithéâtre bondé d’auditeurs… J’étais nouveau venu dans ma chaire, je me sentais humble et presque repentant de m’être exposé à l’épreuve d’une conférence dans ce même amphithéâtre où avaient parlé maintes fois mes plus célèbres maîtres.
« A mesure que l’heure approchait, ma crainte augmentait ; j’avais peur de me troubler et de rester bouche béante et muet. Mon coeur battait avec force; j’éprouvais l’angoisse de celui qui regarde au fond du précipice. Je voulus alors jeter un coup d’oeil sur mon discours, et me recueillir. Mon effroi fut grand en m’apercevant que j’avais perdu le fil de mes idées, et que je ne parvenais pas à relier les fragments de mon discours. Les expériences que j’avais répétées cent fois, de longues périodes que je savais par coeur, tout s’était évanoui comme si je n’y eusse jamais songé.
« Cette absence de mémoire fut pour moi le comble de l’inquiétude. Je vois encore l’appariteur prendre le bouton de la porte et ouvrir, puis, la porte à peine ouverte, je sens un frisson dans le dos, et un bourdonnement d’oreilles, je me trouve enfin près de la table, au milieu d’un silence terrifiant. Il me semblait que j’avais fait un plongeon dans une mer orageuse et que, sortant la tête de l’eau, je me fusse jeté sur un récif au milieu de ce vaste amphithéâtre ».

« Mes premières paroles produisirent sur moi une singulière impression. Il me semblait que ma voix se perdait dans une immense solitude Où elle s’éteignait aussitôt émise. Après quelques paroles prononcées presque machinalement, je m’aperçus que j’avais déjà terminé mon exorde et je restai effrayé de ce que la mémoire avait pu me trahir à ce point, sur le passage où je me croyais le plus sûr; mais il n’était plus temps de retourner en arrière, et je poursuivis tout confus… L’amphithéâtre m’apparaissait comme un grand
nuage ».
« Peu à peu l’horizon s’éclaircit, et dans la foule je distinguai quelques visages bienveillants et amis sur lesquels mes yeux se fixèrent comme le noyé à une planche qui flotte… Puis, à côté, des personnes attentives qui approuvaient de la tête et rapprochaient leurs mains de l’oreille pour mieux cueillir mes paroles ».

« Enfin, je me vois dans l’hémicycle, isolé, infime, chétif, humble, comme si je me confessais de mes fautes.
La première et la plus vive émotion était passée, mais quelle sécheresse à la gorge et quelle flamme au visage !…
Comme ma respiration était entrecoupée et ma voix éteinte et tremblante! L’harmonie des périodes étaient souvent suspendue par une rapide inspiration, et j’arrivais péniblement à trouver assez d’haleine pour prononcer les dernières paroles qui achevaient ma pensée ».
« Vers la fin, je sentis de nouveau le sang circuler, puis quelques minutes d’inquiétude s’écoulèrent encore; ma voix qui tremblait beaucoup, avait pris le ton persuasif de la conclusion, j’étais essoufflé et tout en nage.
Les forces étaient sur le point de m’abandonner; en regardant les gradins de l’amphithéâtre, il me sembla que la gueule d’un monstre s’ouvrait peu à peu pour m’engloutir dès que j’aurais prononcé mes dernières paroles. »

Chez certains conférenciers, l’émotion a pour effet de précipiter le débit à tel point qu’une conférence qui devait normalement durer une heure est terminée au bout d’une demi-heure, l’orateur faisant des coupes sombres dans certains passages, sans se préoccuper de la logique du développement.
D’autres vont jusqu’à supprimer complètement la conférence.
Assolant, revenant d’un voyage en Amérique, était un jour invité à faire une causerie, et il avait pris pour thème le titre de son livre « La Vie aux Etats-Unis ». La documentation ne lui manquait donc pas. Il s’installe derrière sa table et commence:

« Messieurs, dit-il d’un air assuré, quand on veut partir pour l’Amérique.., quand on veut y aller.., on prend l’avion… »  » On écoutait, quelque peu interloqué, rapporte Sarcey. Tout à coup nous le vîmes ramasser ses papiers, son livre, se lever en pied, descendre de la chaire… » « Et moi je prends la porte, nous dit-il.. »

Qu’est ce qu’on peut tirer de ces récits pittoresques ?

C’est que, ces moments d’angoisse touchent même les personnes les plus brillantes.

Le deuxième enseignement qu’on peut en tirer nous montre clairement la différence entre le trac et la timidité maladive. Le trac est en effet lié à des événements pour la plupart solennelle ou public… donc il est passager et éphémère selon les personnes. Mais la timidité maladive est en quelque sorte le prolongement pernicieux du trac, si je peux faire cette analogie car justement, la timidité maladive fait que tout, absolument tout, de notre quotidien devienne un « événement »: on est tout le temps angoissé, stressé… car elle est une maladie qui nous diminue tous les jours contrairement au trac.

La question ne se pose donc pas de savoir si le timide peut ou non avoir le trac. La réponse est évidente car le timide marche bien avec un trac encore plus compliqué que ça.

Enfin, pour vous aider à vous débarrasser rapidement et définitivement de votre trac, j’ai créé une formation-vidéo avec une méthode nouvelle simple et diablement efficace dans laquelle je vous guide pas à pas pour être à l’aise lors de vos prises de parole en public, en réunion de travail ou en présentation commerciale.