Le trac, forme élémentaire de la timidité, mais la timidité n’est pas le trac

image-peur-parler-en-publicConsidérons même provisoirement la timidité comme un trouble nerveux; laissons-en de côté l’élément psychique. Il y a peut-être une timidité toute physique; il y a certainement dans toute timidité un élément mécanique et aveugle.

Il y a une timidité qui semble ne pas avoir de causes psychologiques. Cette timidité est à la fois la plus intense et la plus commune. Elle s’appelle le trac. On ne sait ni comment ni pourquoi elle se produit; on la constate, on renonce à l’expliquer.

Personne n’est au dessus du trac

Tel est par exemple l’affolement que produit la vue d’un public nombreux. Timide ou non, personne n’est au dessus du trac.

Le trac est une émotion poignante, que la volonté la plus forte ne dompte point, dont la raison ne peut se rendre maîtresse, et dont on ne se défait jamais.

Mosso explique ceci dans son livre intitulé La Peur « Un de mes vieux maîtres, qui fut professeur d’éloquence sacrée à l’Académie de Turin ne pouvait parler s’il n’était assis, tant ses jambes tremblaient, et, en dernier lieu, il dut renoncer aux triomphes qu’il devait à son éloquence, parce que, le discours terminé, il ne pouvait plus se lever de sa chaise, ni en descendre, ni marcher. »

Même les grands orateurs et conférenciers, comme par exemple Sarcey passent par les transes du trac.

Mosso raconte dans son livre des «émotions, des angoisses qui précédaient » les plaidoiries des maîtres du Palais. Ces émotions « se révélant chez quelques-uns par de véritables souffrances physiques : Paillet, par exemple; le jour d’une affaire importante, s’en allait pieds nus au Palais, rasant les murs en construction, dans le vague espoir qu’une poutre mal dirigée lui casserait la jambe et disant: «C’est ça qui serait un bon prétexte pour ne pas  plaider ! »  Et Chaix d’Est-Ange dont la main tremblait si fort qu’il pouvait à peine se raser sans se mettre la figure en sang! Et Bethmont que j’ai vu, au moment d’aborder la barre, pris de vomissements presque incoercibles! Et tant d’autres, et je pourrais dire tous les autres. j’entends tous ceux qui ont eu du talent! » ( Mosso dans son livre La Peur page 4 )

Le trac et l’agoraphobie

Le trac est analogue à l’agoraphobie, à la fascination. II n’est pas cependant une émotion toute physique.

Une timidité si irraisonnée, si déraisonnable, paraît bien être une émotion physique, analogue à la crainte des abîmes ou au vertige.

La timidité élémentaire, dont le trac nous fournit un type si complet, rentre dans les maladies de la volonté. Elle est un fait assez commun sans doute pour être appelé normal, mais assez étrange aussi pour paraître pathologique déjà.

Elle explique notamment et fait trouver naturelle la peur des espace, ou, plus justement, d’un espace vide et éclairé, où l’on est en vue.

Qui ne s’est senti gêné d’avoir à traverser dans sa longueur un salon fort grand, sous des regards nombreux ? C’est là l’origine et le principe de l’agoraphobie. D’autre part, l’agoraphobie nous avertit de ce qu’il y a de maladif déjà dans cette timidité qui fait qu’on rase les murs au lieu de traverser une place, qu’on évite de se mettre en avant, qu’on fuit les regards.

image-angoisse-sociale-timideLe trac rappelle encore le phénomène si étrange de la fascination, décrit par le Dr Mesnet. Quand il sent se fixer sur lui le regard d’autrui, le timide éprouve un véritable malaise physique. C’est pourquoi il est honteux, se cache et prend en aversion les lieux mêmes fréquentés par la foule. (Concernant la fascination, dans un précédent article, j’ai expliqué que la fascination ou stupeur est un des éléments fondamentaux de la timidité maladive. L’article en question est à lire sur cette page.)

Par là s’expliquent ses singularités, ses manies. Le timide ne goûte pleinement le plaisir d’une conversation. Personnellement, je me retrouve dans cette description qu’un timide fait « Mes moments de décision sont la nuit; tout ce qui dans le jour me paraissait inabordable me semble alors aisé parler aux gens devient, à mes yeux, une chose naturelle et simple. Mes scrupules aussi tombent; je vois les actes à accomplir plus nettement et mieux; telle démarche par exemple, devant laquelle je reculais, m’apparaît comme obligatoire, indiquée, et non au-dessus de mes forces»

« Je ne me trouvais à l’aise que tout seul, et tel est, même à présent, l’effet de cette disposition d’âme que, dans les circonstances les moins importantes, quand je dois choisir entre deux partis, la figure humaine me trouble, et mon mouvement naturel est de la fuir pour délibérer en paix. »

Ainsi la honte elle-même a une origine toute physique.

Mais il est faux de réduire toute la timidité au seul trac

Il est claire que la timidité est un trouble nerveux. Mais en général la timidité est un phénomène qu’il faut renoncer à comprendre psychologiquement d’une manière complète.

Toutefois il ne faut pas exagérer non plus son caractère aveugle et la mettre exclusivement sur le compte des « vapeurs » ou des « nerfs ».

D’abord toute timidité n’est pas réductible au trac, et le trac lui-même comporte déjà une explication psychologique. On serait tenté de dire qu’il est par exemple la crainte aveugle de la foule, et qu’il a pour point de départ une vision terrifiante, celle des regards nombreux et scrutateurs qu’on sent braqués sur soi. À ce sujet, lire sur cette page intitulée : Faux, la titmidé n’est pas la crainte des autres, ni la disposition à la crainte !

Mais cette vision est-elle terrifiante en elle-même ? Ne l’est-elle pas, ne le devient-elle pas en tout cas davantage par les idées qu’elle évoque ?

La foule exerce sans doute par elle-même sur le timide une action physique; elle secoue ses nerfs; par suite elle exalte ses sentiments, elle exaspère sa timidité; mais elle ne la crée pas.

L’aspect et le nombre n’est qu’une cause occasionnelle de la timidité qu’ils inspirent; le caractère qu’on leur suppose, les jugements qu’on leur prête en sont la cause essentielle.

Quand il entre en contact avec le public, le timide a l’intuition rapide, nette et profonde de la disparité d’âme qui existe entre lui et ces personnes qui l’entourent, et c’est là ce qui l’affole.

Si machinale ou aveugle que soit la timidité, elle est donc plus qu’une simple angoisse physique mais plutôt elle est une telle angoisse jointe à la crainte, plus ou moins consciente, mais toujours réelle, de manquer la sympathie ou de se heurter à l’antipathie d’autrui.

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